Zéro de Conduite


#40 • Robert Siodmak, The Killers (1946)
28 juin 2009, 23:40
Classé dans : Siodmak (Robert) | Mots-clefs: , ,

ThekillersLa trajectoire de Robert Siodmak était plutôt courante pour un artiste de sa condition au début des années 30. Né en 1900 à Dresde en Allemagne (et non aux Etats-Unis comme on pense souvent, cette fausse indication étant nécessaire pour passer en France alors qu’il fuyait l’Allemagne nazie), il fuit son pays en raison de ses origines juives puis, alors que les troupes allemandes marchent sur Paris, trouve refuge en Amérique. Lorsqu’il réalise Les tueurs, inspiré par une nouvelle d’Ernest Hemingway, Siodmak a déjà 25 films à son actif. L’occasion de découvrir à l’écran deux stars en devenir, Burt Lancaster et Ava Gardner.

L’histoire débute alors que deux hommes inquiétants pénètrent en voiture dans la petite ville de Brentwood. Ils se rendent dans un snack pour obtenir quelques informations sur un homme qu’ils recherchent. On comprend rapidement qu’il s’agit de tueurs à gages et que leur future victime est un dénommé Pete Lunn (Burt Lancaster), un pompiste récemment installé dans le coin. Le seul client du snack, Nick Adams, après avoir attendu le départ des deux hommes, se précipite chez Lunn afin de le prévenir. Mais contre toute attente celui-ci ne fait rien et attend la mort qu’il sait inévitable. Les policiers, après avoir constaté le décès, découvrent que la victime avait souscrit une assurance-vie de 2500 dollars. La compagnie d’assurance décide d’envoyer un de ses enquêteurs, James Reardon (Edmond O’Brien) sur place afin de démêler l’affaire.

Siodmak, de l’avis quasi général, réalise ici son film le plus célèbre et le plus aboutit. The Killers est constitué d’une dizaine de flash-backs qui sont autant de témoignages de personnes ayant fréquenté Lunn/Anderson, dit “le Suédois”, et d’indices pour Reardon. On note au passage la prestation parfaite d’Edmond O’Brien, décidément un de mes seconds rôles favoris, bien plus convaincante à mon sens que celles des deux vedettes. Je serais très incomplet si je n’évoquais pas l’influence expressionniste présente dans plusieurs plans du film (Siodmak est allemand après tout) ainsi que celle de Citizen Kane, indiscutable modèle. Le film est d’une qualité indéniable et marque une date importante dans l’histoire du film noir. A noter deux autres adaptations de la nouvelle d’Hemingway, un court-métrage de Tarkovsky en 1956 et A bout portant de Don Siegel en 1964 avec Lee Marvin, John Cassavetes et… Ronald Reagan.


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